Genèse des cavernes et cavités du département

La genèse des cavernes

Des éléments de géologie

Les cavernes se forment essentiellement dans le calcaire, roche sédimentaire déposée en strates, formée de carbonate de calcium et soluble dans l'acide (une expérience simple : mettre un morceau de calcaire dans du vinaigre et le morceau va se dissoudre !). Ces roches se forment au fond des mers depuis 3,5 milliards d'années, à l'époque PaléoArchéenne (voir La longue vie solitaire des bactéries et des algues). Au fil des temps divers types de calcaires se sont formés, chacun correspondant à une période précise (voir L'échelle des temps géologiques et lire une Initiation à la géologie). Elles résultent principalement de l'accumulation de microorganismes (comme, par exemple, les coccolithes, premiers producteurs mondiaux de calcite) à coquilles de calcite (voir Liste des roches dans WikiPédia). Le calcaire est dissous par les eaux d'infiltration légèrement acides à cause de l'anhydride carbonique provenant de l'air et du sol. Lorsque cette eau s'évapore ou que des écarts de pressions partielles ou de températures surviennent, il se dépose de la calcite (cristallisation particulière du carbonate de calcium) qui donne naissance aux divers spéléothèmes du milieu souterrain comme les stalagmites, les stalactites, les colonnes, les coulées, etc. Pour en savoir plus sur les éléments géologiques voici quelques références :

Des éléments de karstologie

L'étude du karst (zone géographique propice à la formation des grottes) est une branche scientifique très importante pour la connaissance de notre planète ainsi que pour la connaissance des réserves d'eau et de leurs exploitations. Voici quelques sites qui vous aideront à tout comprendre :

Des éléments de biospéologie

Les cavités souterraines abritent toute une faune particulière, des trogloxènes (animal habitant temporairement les cavernes dans la zone de pénombre aux entrées comme, par exemple, certains rongeurs et mammifères, serpents, papillons, insectes, araignées, etc.) aux troglobies (animal adapté à la vie souterraine vivant dans un écosystème très spécifique comme le protée, l'aphoenops, etc.) en passant par les troglophiles (animal habitant temporairement dans des zones "profondes" des cavernes comme, par exemple, les chauve-souris, certains insectes se nourissant de guano, etc.). Voici quelques sites incontournables sur les animaux cavernicoles :

Le domaine souterrain en Meurthe-et-Moselle

La Meurthe-et-Moselle est relativement pauvre en cavités naturelles. Par contre, le département regorge de cavités anthropiques (carrières souterraines, mines, acqueducs souterrains, sapes, tunnels, etc.).
En juin 2015 l'inventaire souterrain fait état de 285 cavités identifiées et 21 en attente de classement exact entre les départements de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle.

La zone la plus importante en cavités naturelles se situe sur la commune de Pierre-la-Treiche (près de Toul, non loin de la RN 4). On y compte 6 des 10 plus grandes cavités du département. Ces cavités se trouvent dans ce qui est communément appelé la "boucle de la Moselle " (sic). Cette zone est mondialement connue comme cas d'école d'une capture et est étudiée depuis plus d'un siècle. La dernière étude en date est celle menée par Benoît LOSSON dans sa thèse pour l'obtention du Doctorat de Géographie soutenue en novembre 2003, KARSTIFICATION ET CAPTURE DE LA MOSELLE (Lorraine, France) : VERS UNE IDENTIFICATION DES INTERACTIONS.

Le professeur Bruno CONDÉ a effectué le 17 mars 1949 une communication à la Société des sciences de Nancy intitulée "Présence de campodéidés cavernicoles en Lorraine et en Champagne" et publiée dans le bulletin mensuel de la société (déc. 1949, tome VIII, n°2-3, p. 31-34 : PDF - 1 Mio).

Cavités naturelles de plus de 30 m de profondeur

Nom de la cavité

Commune

Profondeur
1. gouffre de Rouge-Brûlé Viviers-sur-Chiers -54 m
2. gouffre AV1* Villette -45 m
3. grotte de Rouge-Brûlé* Viviers-sur-Chiers -45 m
4. La Grimo Santé Martincourt -39 m
5. diaclase des Cités Canadiennes Longuyon -38 m
6. trou du Veau Colmey -36 m
7. diaclase Ste Anne Sexey-aux-Forges -32 m
8. grotte du Chaos Gondreville -30 m
9. trou Armand Sancy -30 m

* Contribution à l'inventaire spéléologique du nord-ouest du Pays-Haut,
U.S.B.L. spéléo in : Spéléo L n°18, LISPEL, Tomblaine, 2009

Voir la carte en grand
Carte postale ancienne d'une vue
depuis la grotte du Géant (Gondreville)

 

Cavités naturelles de plus de 100 m de dévellopement

Nom de la cavité

Commune

Développement
1. grotte du Chaos Gondreville 1 750 m
2. grotte Sainte-Reine Pierre-la-Treiche 1 260 m
3. grotte des Sept Salles Pierre-la-Treiche 1 235 m
4. grotte Jacqueline Pierre-la-Treiche 1 155 m
5. grotte des Puits Pierre-la-Treiche 440 m
6. grotte Sainte-Geneviève Essey-lès-Nancy 250 m
7. grotte des Excentriques Pierre-la-Treiche 185 m
8. Le Grand Bichet Mercy-le-Bas 144 m
9. La Grimo Santé Martincourt 130 m
10. Grotte Carrière Deux Ouvertures Pierre-la-Treiche 100 m
       
La grotte du Géant Gondreville 70 m

Grotte du Géant (128 ko)
Carte postale ancienne d'une vue de l'entrée de la grotte du Géant (Gondreville)

Dans le département on pratique également la spéléologie en milieu artificiel (mines, sapes...). Le réseau de ce type le plus connu est le spéléodrome de Nancy, promu par l'USAN en 1991, qui est un Centre Régional d'Entraînement Spéléologique (CeRES).

Les cavités réglementées

Les sites souterrains de plongée

La Meurthe-et-Moselle étant pauvre en cavités naturelles elle l'est donc aussi en siphons. Il existe néanmoins quelques sites souterrains naturels ennoyés dont on peut découvrir une liste non exhaustive sur le site La Plongée Souterraine.
Les apprentis plongeurs spéléos s'entraînent également dans les salles ennoyées du spéléodrome de Nancy, qui étaient à l'origine d'immenses réservoirs d'eau.
Enfin, quelques mines, carrières et autres sapes sont envahies par l'eau mais leur visite et exploration est extrêmement dangereuse...

En cas d'accident spéléo

En cas d'accident spéléo, téléphoner par ordre de priorité jusqu'à l'établissement d'un contact :

  1. à un responsable local du Spéléo-Secours-Français (Consulter la page sur le site du SSF)
  2. En cas d'impossibilité à joindre un Conseiller Technique Départemental en Spéléologie, composez le 0800 121 123, numéro vert de l'Opérationnel National du Spéléo Secours Français qui vous permettra d'être mis en relation avec un Conseiller Technique National pour l'activation d'une opération de secours
  3. à la gendarmerie, aux pompiers... par le 17 ou le 112 en précisant qu'il s'agit d'un "accident de spéléologie" et qu'il faut alerter le "Conseiller Technique" en spéléo-secours sur le département

En cas d'accident corporel, il est indispensable que l'alerte soit transmise par un témoin direct. Il pourra ainsi répondre aux questions qui lui seront posées relatives au lieu, à l'heure et aux circonstances de l'accident. Le message d'alerte devra également comporter un bilan de santé minimum de la victime (les six questions).

Il faut consacrer le temps nécessaire à la collecte et à la rédaction des renseignements qui constituent le message d'alerte.
À savoir :  - L'heure et les circonstances de l'accident.
- Le bilan de l'accidenté. Le minimum sera : 
  1. La victime répond-elle aux questions ?
  2. Peut-elle bouger tous ses membres ?
  3. Sa respiration est-elle normale ?
  4. Le pouls bat-il au poignet ?
  5. A-t-elle des blessures évidentes ?
  6. Est-elle en train de s'affaiblir ?